HYrtis (a.k.a Gladys Hulot) est une artiste Française originaire de Reims. 

Son travail repose essentiellement sur la pratique du dessin, de l’animation en stop motion et de l’écriture. La matière première, dénominateur commun à toutes ses réalisations, est l’exploration de son activité onirique agissant comme un filtre déformant sur ses sources d’inspiration. À l’instar des artistes ayant choisi de s’exprimer au travers de personnages leur permettant de transgresser leurs propres limites, Gladys Hulot se façonne un double : hYrtis, une créature androgyne issue de son inconscient, qu’elle définit comme :

“Un personnage aux épaules suffisamment larges pour supporter les responsabilités liées à l’acte de créer.”

Parallèlement à sa pratique artistique et en l’espace de quelques années, hYrtis est devenue lamiste virtuose.

La lame sonore est l’ instrument organique dont le son se rapproche le plus de la voix humaine. En juillet 2011, hYrtis remporta le premier prix du concours international de lame sonore organisé au Palais Vojanov de Jeleña Gora (Pologne), ce qui lui permit progressivement de se bâtir une renommée internationale. Grâce à cet instrument rare hYrtis eut l’occasion de se produire en France et à l’étranger. En 2015, le clip en stop motion accompagnant sa reprise de "Life on Mars?" de David Bowie, fut salué par l'artiste, exposé à Los Angeles lors de la Cienega Design Quarter et relayé par de nombreux médias nationaux et internationaux (Rolling Stone France, Huffington Post, BSA festival, REI5 tv...). 

Au cours de l’année 2016 , hYrtis débuta l’apprentissage du thérémin. Elle se consacre actuellement à une pratique quotidienne intensive du thérémin et à l'élargissement de son répertoire. Cet instrument fascinant tend progressivement à prendre une place de plus en plus importante à chacune de ses performances.

- Focus sur la lame sonore -

Les propriétés de la scie musicale (dont descend la lame sonore) furent vraisemblablement découvertes au milieu du XIXeme siècle par des bûcherons qui, en choquant la paroi de leur scie à l'aide d'un autre objet, entendirent un son proche du chant ou du cri (ce son caractéristique, du à la vibration de la plaque de métal au contact de l'air). Cette découverte fut ensuite expérimentée à l'aide d'un archet et les clowns rendirent l’instrument populaire dans les cirques et les arts de rue. Vers 1946, Jacques Keller apporta des modifications notables à la scie musicale et fit de cet outil de travail détourné, un instrument de musique à part entière : La lame sonore.

La disparition des dents, l'ajout d'une poignée d'inflexion (sur certains modèles) ainsi que le résultat d'une étude approfondie sur le rapport entre la hauteur, la largeur et l épaisseur de la plaque d'acier, représentent l’ensemble des améliorations permettant à la lame d’acquérir une tessiture plus étendue. La forme de la lame devenue symétrique, permet aux vibrations de se propager de manière plus régulière, garantissant un son plus proche de celui de la voix humaine et de meilleure qualité. Trop souvent associée à une esthétique et un univers très spécifiques et directement liés à l’origine de la scie musicale, la lame sonore demeure encore injustement méconnue. Emportant l’instrument dans son propre univers, hYrtis désire imposer la lame sonore en dehors de ses frontières en lui apportant une touche de modernité, d'élégance et de glamour au travers d'un répertoire varié. À l’instar d’Emmanuel Brun et de quelques autres lamistes contemporains, hYrtis oeuvre à donner à l’instrument, ses lettres de noblesse.

"À cause de ses origines, l'inconscient collectif tend trop rapidement à enfermer la lame sonore dans une catégorie bien spécifique. L’ancêtre de mon instrument est né dans la forêt et a grandi dans les rues. Mais c est pourtant dans les salles intimistes au public attentif, dans les théâtres bien sonorisés, ou dans les lieux sacrés, que la lame sonore peut réellement être appréciée et mise en valeur."

*hYrtis joue sur des lames "Alexis" fabriquées par Alexis Faucomprez à Riorges en France

- Focus sur le theremin -

Constitué   d'un   boitier   contenant   un   circuit   électrique  relié  à  deux antennes,   le   theremin   est   vraisemblablement  le  premier   instrument électronique de l’Histoire de  la  Musique et le seul dont la pratique nécessite l'absence de contact physique. Le coeur de l'instrument est composé d'oscillateurs dont les fréquences sont traduites en signal sonore lorsqu'un corps se trouve à proximité de l'appareil. Du  point  de  vue  du  musicien, l'antenne droite est verticale. Elle gère la hauteur de la note  et  le  vibrato par le mouvement de la main droite. L'antenne gauche  est  horizontale  et forme   une   boucle.   Associée  au  souffle  et  à  la  respiration,  elle  gère l'intensité du volume par le mouvement de la main gauche et donne au jeu toute son expressivité.

L'histoire : Le theremin porte le nom de son inventeur, Léon Theremin, un chercheur scientifique et inventeur Russe ayant travaillé pour les services secrets sous Lénine. Au cours de l’année 1919, Léon Theremin travaille à l’élaboration d’un détecteur. Cet appareil vraisemblablement muni d’un circuit électrique et d’une antenne est supposé traduire en signal sonore la présence et les fluctuations d’un gaz toxique. Au cours de ses expérimentations, Theremin observe le comportement de l’appareil qui interprète la présence d’un corps humain de la même manière que si il s’agissait du gaz à détecter. Il constate que les mouvements de sa main occasionnent une variation des fréquences du signal sonore. Violoncelliste amateur et doté d’une oreille très développée, il décide d’employer ces recherches à la création d’un instrument de musique appelé Ethérophone, puis Thereminvox et enfin… theremin. Suite au succès retentissant que remporte la présentation de son invention, Lénine décide d’envoyer Theremin en tournée mondiale dans le but de promouvoir la suprématie du pays en matière d’inovation technologique

Officiellement motivée par l’idée du prestige, cette tournée est également un prétexte pour pour Lénine, de charger l’inventeur d’une mission d’espionnage...

Sur sa tournée, Theremin rencontre Clara Rockmore, une jeune violoniste virtuose contrainte de mettre un terme à sa carrière en raison d'une maladie des articulations. Le theremin s'impose à elle comme une alternative salvatrice lui permettant de reprendre une activité musicale. Riche d'acquis obtenus par son importante éducation musicale, elle suggère à Léon Theremin quelques modifications améliorant la qualité de l'instrument et développe une technique de doigtés apportant plus de précision et de subtilité au jeu. Clara Rockmore est aujourd'hui une référence commune à tous les thereministes. En 1954, Robert Moog améliore les capacités de l’instrument en y ajoutant plusieurs octaves.