Crédits photo: hYrtis

13.03.19

- Theremin star : l'aventure continue pour hYrtis -



Reims : Spécialiste du theremin, instrument rare et étrange, une Rémoise vient d’être sélectionnée pour un concours international.


Le theremin, vous connaissez ? Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, cet instrument méconnu a la particularité de produire de la musique sans être touché. Inventé dans les années 1920 par le Russe Léon Theremin, il s’agit du doyen des instruments de musique électronique.


Dans quelques semaines, elle disputera la demi-finale aux côtés de cinq autres candidats originaires de monde entier.


Or, il se trouve qu’une rémoise, Gladys Hulot, alias hYrtis, est une spécialiste de ce drôle d’instrument (en plus d’être déjà une joueuse de lame sonore mondialement reconnue). La jeune femme a même été sélectionnée pour le concours Theremin Star, spécialement organisé pour les cent ans de l’appareil. La semaine dernière, elle a passé le premier tour de ce concours international qui repose sur le vote des internautes. Dans quelques semaines, l’artiste disputera la demi-finale aux côtés de cinq autres candidats du monde entier. « Je serai agréablement surprise, confie-t-elle. C’est très intéressant parce que ce concours se déroule sur toute l’année. Cela permet aux joueurs de theremin de tisser des liens d’une part et cela contribue, d’autre part, à faire connaître le theremin. (…) ».

(hYrtis découvre ce surprenant engin en septembre 2007 en faisant des recherches sur la lame sonore mais elle ne débute l’apprentissage du theremin qu’en septembre 2016).

(...)Lame et theremin impliquent tous deux « un travail très développé de l’oreille  et leur son est assez similaire. Comme j’avais l’impression d’avoir fait le tour du premier, j’ai tenté le second. » Sans conviction au tout début, puis très vite, hYrtis tombe « amoureuse ». « La pratique de la lame m’a beaucoup aidée. Cette progression permanente avec le theremin, c’est galvanisant. Quand je joue, je ressens comme une transe. C’est merveilleux. Cela demande une telle concentration… Tout se fait vraiment à l’oreille, sans aucun repère visuel. » Régulièrement, elle poste des vidéos. Celles-là même qui ont permis à l’organisateur de la repérer dans la galaxie des thereministes. hYrtis s’entraine « au moins » deux heures et demie par jour. « Parfois jusqu’à six heures d’affilée. C’est un instrument très exigeant », confie celle qui vient d’ajouter sept morceaux à son répertoire écléctique, qui va du jazz au classique (…)


Un instrument inventé par un espion Russe


Le theremin porte le nom de son inventeur, Léon Theremin, un physicien russe ayant travaillé pour les services secrets sous Lénine. Au cours de l’année 1919, le scientifique travaille à l’élaboration d’un détecteur de gaz toxique. Au cours de ses expérimentations, il constate que les mouvements de sa main occasionnent une variation des fréquences du signal sonore. Violoncelliste amateur et doté d’une oreille très développée , il décide d’employer ces recherches à la création d’un instrument de musique appelée Ethérophone, puis Thereminvox et enfin… theremin. Suite au succès retentissant que remporte la présentation de cette invention, Lénine décide d’envoyer Theremin en tournée mondiale (et en mission d’espionnage) dans le but de promouvoir la suprématie du pays en matière d’innovation technologique. Theremin rencontre alors Clara Rockmore, une jeune violoniste virtuose contrainte de mettre un terme à sa carrière en raison d’une maladie des articulations. Le theremin s’impose à elle comme une alternative salvatrice. Elle suggère à son inventeur quelques modifications et développe une technique de doigtés apportant plus de précision et de subtilité au jeu.

Alice Renard