TAROT D'HYRTIS

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Inspiré des deux grands modèles de tarots que sont le Tarot de Marseille et celui de Rider Waite Smith, le Tarot d’hYrtis transpose le sens profond et la symbolique de chaque lame dans l’univers de Calixte, un personnage fictif, garçon maquillé et double masculin d’hYrtis dont le visage s’apparente à l’autoportrait de l’artiste auquel se superposent les traits de David Bowie et dont le rôle se redéfinit au gré des lames. La présence extrêmement androgyne de Calixte constitue le fil rouge du projet au coeur d’un monde chatoyant, souvent nocturne, où se croisent la culture underground, le glamour et les références alchimistes. 

L’essence de ce projet repose davantage sur une démarche artistique d’illustration que sur l’art de la divination. Ce projet devrait idéalement prendre la forme d’un réel jeu de tarot accompagné d’un livret dont les textes ne sont pas destinés à dicter des règles de lecture et d’interprétation mais plutôt à évoquer les choix de représentation.
De rigoureuses études concernant les différents types de tirage et leurs méthodes d’interprétation ont fait l’objet de livres suffisamment complets et utiles pour accompagner ce jeu capable de s’adapter aux règles de tirages traditionnelles. Le tarot a été créé par des esprits éclairés dans le but de livrer des indices capables de résoudre les mystères de nos vies.  L’élaboration du Tarot d’hYrtis s’appuie davantage sur une analyse d’ordre psychologique. Les trois principaux modes de fonctionnement de la psyché humaine que sont le courant l’intellectuel (ou mental), le courant instinctif et le courant émotionnel, seront évoqués de manière récurrente dans ce jeu qui, vu dans son ensemble, représente le parcours initiatique de l’âme vers l’ultime stade de son évolution. 

XX.Le Jugement

En contre-plongée, quatre mains sont tendues vers la vision de l’ange messager, encadré d un soleil éclairant la nuit. La scène qui n’est pas sans rappeler celle du jugement dernier, véhicule l’idée de résurrection et de régénération. Cette représentation est assez proche de l’imagerie traditionnelle. Cependant, seules les mains de deux personnages sont visibles. L’ange dont la parole qui se propage en volutes de fumée, fixe intensément le spectateur du regard et semble s’adresser directement à lui tout en désignant les deux autres personnages. Si le troisième individu, traditionnellement représenté par un enfant de dos n’apparaît pas dans le champ de vision, il n’est pas pour autant absent de la scène car il EST le spectateur lui-même. La scène peut symboliser l’unification du masculin et du féminin en un être neutre (l’idée de cette union des genres en un seul être est véhiculée tout au long du tarot par la présence androgyne de Calixte). 

Un « jugement » se définit par le résultat d une prise de conscience objective de ce qui est juste et bon pour soi et pour le reste du monde. Cette carte annonce ainsi l’ultime seuil de l’évolution de l’esprit. Les trois êtres (dont le spectateur), présents dans cette lame rappellent de nouveau la Trinité où l’épreuve consiste à maîtriser le moi émotionnel et le moi pulsionnel par le moi mental et tirer ainsi parti du destin. L’ange annonce au consultant qu’il a réussi son élévation. Réceptif aux forces supérieures, il est le moi mental qui maîtrise ses deux autres moi. Son esprit empreint de connaissance raisonne en toute objectivité. Il a atteint la sagesse et la pleine conscience.  

X.La roue de fortune

Par son nombre X, la Roue de Fortune correspond au début d’un nouveau cycle et représente un Tout en mouvement.
Le mot « Roue », renvoie à une invention de l’Homme et symbolise l’ingéniosité et l’intelligence créative de l’humain. Le mot « Fortune », quant à lui, renvoie aux notions de providence, de destin et de hasard : trois forces qui échappent à l’entendement humain. La confrontation de ces deux termes relie l’humain et le Divin comme dans le cas de la Tour. La Roue de Fortune du Tarot d’hYrtis dresse une scène qui se déroule au milieu d’un New York illuminé. Érigée comme une attraction parmi les buildings, la roue porte le soleil en son centre et illustre le mouvement cyclique des douze constellations de notre galaxie. Elle représente le destin et la Force Divine en mouvement. Calixte incarne trois êtres qui évoluent au rythme de cette roue suivant le cours du cycle immuable de la vie, enchainant les hauts et les bas, les succès et les défaites. 

Les trois êtres symbolisent les trois différents « moi » d’un individu. Le moi instinctif, lié aux pulsions du corps, et le moi émotionnel, lié aux émois du coeur, se trouvent enlacés à la roue sans autre choix que de subir la situation. L’un, entièrement contraint dans un cocon, subit le mouvement descendant de la situation défavorable, l’autre, se complait dans l’ascension et danse avec les liens qui l’aliènent. Seul le troisième moi, le moi mental, semble se tenir hors du mouvement de ce cercle infernal. Il pose fièrement sur un promontoire à l’équilibre si fragile qu’il lui est nécessaire de rester en éveil pour maintenir cette position menacée par le mouvement continu. Ce schéma rappelle que seul l’esprit peut aider l’individu à tirer parti d’une situation. Chimérique, le moi mental pose tel David Bowie sur la pochette de son légendaire album Diamond Dogs. Le choix de cette référence à Bowie se justifie par le fait que cet artiste ait su incarner l’exemple même de l’homme maîtrisant son destin et celui de son oeuvre par la force de son esprit. 

 

XVIIII.le soleil

À l’instar de L’Étoile et de La Lune, Le Soleil appartient à la famille des astres et influence de manière intrinsèque notre fonctionnement psychomoteur. Axe de notre système planétaire, il est la lumière vitale et primordiale. Le Soleil annonce l’éclaircissement d’une situation et symbolise toute vérité dévoilée. Son nom apaise, évoque la joie, le bonheur, et transmet un regain d’énergie. Cependant, la nature des effets produits par son tirage dépend de la capacité du consultant à faire face aux révélations. Une mise en lumière de la Vérité peut rassurer ou remplir de joie, comme elle peut déstabiliser. Une révélation peut ébranler des croyances solidement établies, briser des idéaux ou des espoirs. Si La Lune symbolise l’irrationnel et l’imagination, Le Soleil, considéré comme son époux divin, la complète dans l’opposition et renvoie à l’intellect et à la raison cartésienne. Si L’Étoile symbolise l’intuition et la compréhension immédiate, le Soleil représente la compréhension raisonnée. Cette carte évoque l’esprit objectif et subtil d’un individu qui a atteint l’ultime degré de la pleine conscience. Elle annonce l’accomplissement du but poursuivi au fil des précédentes cartes : l’individu devient apte à maîtriser ses élans instinctifs et émotionnels qui se retrouvent alors sublimés au lieu d’être contenus ou refoulés. Trois principaux éléments apparaissent sur cette carte : le soleil, un homme et une femme, âmes soeurs ou jumeaux en référence au signe zodiacal du gémeaux, signe solaire par excellence, associé aux jours les plus longs de l’année. Ce couple semble se compléter dans une harmonie fusionnelle. L’un peut représenter le moi instinctif, l’autre, le moi émotionnel, tous deux sublimés par la lumière du soleil, le moi mental, responsable de cette union. Par son nombre XVIIII, Le Soleil a pour nombre nucléaire 1 et véhicule le concept d’unité indivisible. Le nombre 1 est attribué à Dieu il symbolise l’esprit objectif et subtil, une pensée se suffisant à elle-même. Jumeaux, les deux personnages se complètent dans leur ressemblance et dans les détails qui les distinguent l’un de l’autre. En guise de signature, Le Soleil est l’unique carte où hYrtis apparaît le visage entièrement dévoilé au dessus de celui de Calixte. Une telle représentation met en lumière l’origine même du projet : hYrtis et la recherche perpétuelle de son double et du devenir androgyne. N’ayant pu rencontrer cet autre dans le monde réel, hYrtis créa Calixte.

 

 

XVI. la tour

Arcane le plus terrible du jeu, La Tour (ou Maison Dieu), symbolise les changements soudains, la destruction, la ruine et la restructuration à travers l’épreuve. 

Qu’il annonce la crise salutaire précédant une phase de renouveau, ou qu’il mette en garde contre un événement douloureux, le bouleversement est inévitablement subi. 

L’imagerie traditionnelle représente deux hommes au pied d’une tour incendiée et dont les flammes s’élèvent vers le soleil. L’un est à terre, prêt à se relever, l’autre, termine probablement sa chute. Le sommet de la tour, soulevé par la pression des flammes, se brise. La Tour du Tarot d’hYrtis se présente comme une bande dessinée où Calixte incarne un jeune dieu qui expérimente ses pouvoirs. Son oeil, l’oeil omniscient, foudroie le donjon couronné au travers de la loupe par laquelle il observe l’agitation des minuscules humains. L’éclair providentiel lancé par cet oeil incendie l’édifice et précipite deux pantins à l’image de ce dieu dans la chute. Cette scène résume la citation d’Elie Faure : « Dieu est un enfant qui s’amuse ». Le plan de la dernière image se concentre sur l’attitude des deux pantins. L’un gît au second plan, inanimé sur un sol jonché de dollars, de paillettes et de confettis tandis que l’autre s’est relevé. La prise de conscience, l’espoir et la détermination se lisent sur son visage creusé par l’épreuve. Ce paysage de désolation post crack boursier, vestige d’un empire à la richesse décadente, symbolise l’écroulement d’anciennes certitudes et rappelle que la vanité et l’orgueil sont souvent mis à mal dans le processus nécessaire de l’évolution personnelle vers l’élévation spirituelle. 

 

XI. LA FORCE

Onzième carte du tarot, La Force renvoie à la volonté d’agir et à la manière d’accroître sa force par la maîtrise de soi. Dans l’imagerie traditionnelle, une femme ouvre la gueule d’un lion aux crocs acérés. La femme maîtrise l’animal dangereux et incarne l’Esprit tandis que le lion, pulsionnel, incarne les élans insufflés par la force animale contenue en chacun d’entre nous. 

Dans la version du Tarot d’hYrtis, la scène se déroule à bord d’un navire et montre une partie de bras de fer entre l’esprit incarné par Calixte, et l’instinct incarné par une grande drag queen musculeuse au masque de lion vert. Les cheminées encadrées par le hublot rappellent la graphie arabe du nombre onze et symbolisent les scores du tournoi brillamment mené par Calixte contre le lion vert. Ainsi, le rapport de taille et de force entre les deux adversaires indique la difficulté de l’épreuve dont l’esprit se sort pourtant victorieux. La Force succède à La Roue de Fortune. À ce stade, le sujet prend pleinement conscience des caractéristiques et des valeurs de sa personnalité dont il apprend à tirer définitivement parti pour atteindre une parfaite maîtrise de lui-même, dans un respect de l’équilibre entre l’esprit et l’instinct. Mais cette maîtrise de l’équilibre subtil entre les différents courants de la personnalité ne s’obtient qu’au prix d’une longue introspection dont la référence alchimique au vitriol (appelé « lion vert ») se veut la métaphore. 

Le nom VITRIOL est formé des initiales de la phrase alchimique « Visita interiora terrae rectificando occultum lapidem » à traduire par : « Visite l’intérieur de la terre, en te rectifiant, tu trouveras la pierre cachée. », ce qui revient à dire, par transposition dans un contexte psychique : « Descends au plus profond de toi-même et trouve le noyau insécable, sur lequel tu pourras bâtir une nouvelle personnalité ». Cette phrase désigne le processus de transformation et le retour de l’être au noyau le plus intime de l’humain. 

 

XV. Le diable

Personnage mythique incarnant « le Mal », Le Diable règne en maître sur le royaume de l’ombre, de la nuit et du Mystère. Son nom suscite l’effroi, pourtant, aucune carte du tarot n’est fondamentalement mauvaise. Cette carte renvoie à la manière dont nous nous lions au monde, aux choses comme aux êtres. Son esthétique présente des couleurs chatoyantes et séduisantes où les plaisirs sexuels, l’avidité, l’opulence et le jeu sont évoqués du point de vue de l’excès et de l’addiction. Les deux êtres enchainés de part et d’autre du Diable qu’ils vénèrent, portent des masques de créatures bestiales à la gueule béante. Leur attitude évoque la jouissance dans la soumission. Sur le trône, est inscrite la devise « Money Success Fame Glamour » en référence à la chanson du même titre, utilisée dans le film Party Monster de F.Bailey et R.Barbato (Ce film présente l’univers nocturne du mouvement Club Kids. Il dépeint les conséquences des excès dont les antagonistes font les frais, alternant des phases d’arrogance jubilatoire et de malaise trahissant une extrême fragilité.). Le rouge à lèvre, objet lié à la sensualité, et les symboles véhiculés par les réseaux sociaux entraînant leurs utilisateurs dans un narcissisme toujours plus grand, sont ici détournés dans le but d’imiter les attributs des grandes figures spirituelles religieuses. Nul ne doit oublier que Le Diable encourage toujours l’individu à faiblir face à ses pulsions primaires et ses addictions. Si le consultant sait tirer parti du message véhiculé par Le Diable sans se laisser aliéner par les tentations dont il est pleinement conscient, cette lame se révèle étonnamment bénéfique et transforme l’énergie destructrice en énergie créatrice. Le Diable est doté d’un pouvoir inestimable. Il incarne le souffle de la passion et son aura magnétique entraîne vers soi le pouvoir d’attraction sexuelle et la réussite professionnelle. Relié à l’idée de transgression, Le Diable invite l’individu à dépasser ses propres limites pour se construire. Il révèle une personnalité qui s’affirme dans son unicité. Quinzième lame du tarot, Le Diable a pour nombre nucléaire le 6 qui renvoie à L’Amoureux où l’individu doit apprendre à faire des choix décisifs. Le Diable, esprit supérieur, est relié à la connaissance du monde occulte. Le nombre XV, lui, indique un esprit guidé par la connaissance. Ses choix sont effectués en toute lucidité. 

 
 

Le reportage "Le BLABLA des artistes" tourné au studio pastel par l'équipe de la galerie, se concentre sur le processus de création du Tarot d'hYrtis.